Les Américains donnent une deuxième chance à Obama
Yes we can! L’Amérique a voulu y croire une deuxième fois. Ce pays qui sait donner une deuxième chance à ses entrepreneurs et à tous ceux qui ont connu des revers, a voulu offrir cette même opportunité à son président. Aujourd’hui, brillamment réélu, il peut, il doit faire la preuve qu’il a mérité ce cadeau que lui ont font les Américains. Il a quatre années de plus pour réaliser ce qu’il a promis en 2008. Il a déçu au cours de son premier mandat, mais il n’a pas failli. En votant pour lui, l’Amérique a mis les meilleures chances de son côté pour dépasser la crise et ranimer la flamme d’un pays plongé dans le doute.
Dans un discours d’acceptation hautement émotionnel, poignant, flattant l’”américanitude” et vantant « la plus grande nation de la planète », le président démocrate a voulu dépasser ce matin les divisions partisanes et recoller les morceaux d’un pays malmené par une campagne extrêmement agressive. Une majorité d’Américains a fait confiance au président et n’a pas crû dans les promesses à géométrie variable de Mitt Romney. Ce dernier, à force de frayer avec les extrémistes du Tea Party au cours des primaires, a défait son image de gouverneur de droite modéré et plutôt progressiste.
C’est un président libéré qui va donc reprendre les rennes de l’Etat pour un nouveau mandat dès 2013. Mais les Républicains qui depuis deux ans ont systématiquement sapé toute initiative présidentielle pour ternir le bilan d’Obama, sont-ils prêts au cours des quatre prochaines à travailler avec le président ? Telle est la question clé. Ils n’ont plus à craindre une réélection d’Obama dans quatre ans et devraient donc être mieux disposés à lui faire quelques concessions. Et le rapport de force au Congrès n’a pas fondamentalement changé. Le sénat demeure en mains démocrates. Mais, la puissante défiance des ultra-conservateurs à l’égard du président ne va pas faiblir. Rarement ou jamais président américain n’a déclenché des réflexes aussi haineux dans son opposition.
Face à la Chine, face aux disparités croissantes à l’intérieur qui s’accompagne d’une polarisation de la société américaine, la tâche sera rude. Reste que les Etats-Unis ont une formidable capacité de rebondir. Que le peuple américain garde, en dépit des crises, un extraordinaire optimisme et une rare énergie. Pour cette Amérique battante, ouverte sur le monde, qui croit fondamentalement dans le génie de l’initiative privée mais se prévaut aussi d’une conscience sociale, Obama fut le bon choix.
Pierre Ruetschi







